đ Permis De Construire PurgĂ© De Tout Recours
Ăce dĂ©lai de trois mois, il faut ajouter deux mois supplĂ©mentaires pour que le permis de construire soit purgĂ© de tout recours, car une fois lâautorisation de la mairie dĂ©livrĂ©e, il est
Ilmâexplique que gĂ©nĂ©ralement il faut mettre « sous rĂ©serve de lâobtention du permis de construire, purgĂ© de tout recours ». MĂȘme si le permis de construire est obtenu, les tiers (il
Nousprésenterons ainsi les dix principales rÚgles à connaßtre avant de former un recours contre un permis de construire. 1. Le délai pour contester un permis de construire. Le délai de
Unefois obtenu et purgĂ© de tout recours, le permis de construire nâest pas pour autant « dĂ©finitif », contrairement Ă lâexpression gĂ©nĂ©ralement employĂ©e dans cette situation. En effet, passĂ© un certain dĂ©lai, il sera pĂ©rimĂ© Ă lâinstar dâun permis dâamĂ©nager, de dĂ©molir ou dâune dĂ©cision de non-opposition Ă dĂ©claration prĂ©alable, le permis de construire []
Permisde construire : le certificat de non opposition. Lorsqu'un propriétaire souhaite débuter des travaux sur son terrain, il doit au préalable obtenir certaines autorisations pour pouvoir concrétiser son projet. Le certificat de non opposition est un document nécessaire pour que les travaux ne puissent faire l'objet d'aucune contestation.
Vousdevrez ainsi purger votre autorisation dâurbanisme de tout recours en procĂ©dant Ă lâaffichage de la dĂ©cision de non opposition Ă travaux, mentionnant la date de cette dĂ©cision, la nature du projet ainsi que les voies de recours. I. Les travaux soumis Ă DĂ©claration prĂ©alable (DP) Vous sollicitez une dĂ©claration prĂ©alable au moyen de trois formulaires distincts : 1.1. Le
Lacondition suspensive dâĂ©tude de sol. Si lâĂ©tude des sols de la parcelle que vous vendez rĂ©vĂšle que des fondations spĂ©ciales sont nĂ©cessaires et quâun surcoĂ»t est alors Ă prĂ©voir, le promoteur peut dĂ©cider de sortir de la vente. La condition suspensive dâobtention de permis de construire purgĂ© de recours et de retrait.
quele permis de construire soit purgĂ© de tout recours. Dans lâhypothĂšse oĂč les conditions suspensives sus-visĂ©es ne seraient pas rĂ©alisĂ©es, le prĂ©sent contrat de rĂ©servation sera rĂ©siliĂ© de plein dro fr. Browse. Contracts. Clauses. Dictionary Lang fr. Sign In Sign Up. que le permis de construire soit purgĂ© de tout recours Sample Clauses. Filter & Search. Clause: que le permis
Cerecours doit ĂȘtre fait dans un dĂ©lai de 2 mois suivant la date dâaffichage du permis de construire. Le maire disposera alors dâun dĂ©lai de 2 mois pour rĂ©pondre Ă cette
yIAc. Une fois le permis de construire accordĂ©, pour ĂȘtre dĂ©finitif, il doit ĂȘtre purgĂ© de tout recours pour que lâopĂ©ration puisse se rĂ©aliser sereinement. Toutefois, malgrĂ© cette purge des risques de remises en cause du projet peuvent conditions de purge dâun permis de construireLe permis de construire doit ĂȘtre affichĂ© par son bĂ©nĂ©ficiaire sur son terrain, selon des rĂšgles dâaffichage strictes imposĂ©es par le Code de lâ tiers souhaitant contester le permis de construire dispose alors dâun dĂ©lai de deux mois pour former un recours gracieux auprĂšs de la Commune, ou un recours contentieux auprĂšs du tribunal administratif. A lâissue de ce dĂ©lai, le bĂ©nĂ©ficiaire dâun permis peut solliciter du tribunal un certificat de non parallĂšle, le prĂ©fet contrĂŽle la lĂ©galitĂ© du permis de construire dans un dĂ©lai de deux mois suivant la transmission du dossier de permis de construire par la Commune. Sâil estime que lâacte est illĂ©gal, il peut solliciter son retrait auprĂšs de la Commune ou le dĂ©fĂ©rer auprĂšs du tribunal la Commune dispose dâun dĂ©lai de trois mois Ă compter de la date de signature du permis de construire pour procĂ©der Ă son fois ces dĂ©lais expirĂ©s, le permis de construire est considĂ©rĂ© comme purgĂ© de tout recours et donc dĂ©finitif, cependant, le bĂ©nĂ©ficiaire nâest pas Ă lâabri dâautres risques susceptibles de remettre en cause le risques de remise en cause dâun permis de construire dĂ©finitifDâune part, un permis de construire qui a Ă©tĂ© obtenu frauduleusement peut ĂȘtre retirĂ© par la Commune exemple le bĂ©nĂ©ficiaire a volontairement induit en erreur lâadministration. Ce retrait sâeffectue sans condition de part, le fait pour le bĂ©nĂ©ficiaire de bonne foi dâun permis de construire devenu dĂ©finitif, de dĂ©couvrir, au cours de la construction, que son projet nâest plus conforme au PLU mais de poursuivre tout de mĂȘme la construction, peut constituer une infraction pĂ©nale.
Ce nâest plus un secret pour personne les logements manquent dans les grandes agglomĂ©rations. Le lĂ©gislateur fait donc son possible pour limiter les entraves Ă la construction. Dans cette optique, lâordonnance du 18 juillet 2013 relative aux contentieux de lâurbanisme, dite ordonnance Duflot, avait pour ambition affichĂ©e de juguler les contestations contre les permis de construire. En thĂ©orie, le recours exercĂ© contre un permis de construire quâil soit gracieux ou contentieux ne suspend pas lâautorisation dâurbanisme accordĂ©e. Le titulaire du permis de construire est par consĂ©quent libre de mettre en Ćuvre cette autorisation sans attendre que le juge administratif se soit prononcĂ© au fond. Et il appartient Ă celui qui le conteste, parallĂšlement Ă son recours en annulation, dâagir en suspension devant le juge des rĂ©fĂ©rĂ©s dans les conditions fixĂ©es par lâarticle du Code de justice administrative ce qui, le plus souvent, est compliquĂ©. Mais il en va autrement en pratique, notamment pour les promoteurs immobiliers. Dâabord, les opĂ©rations quâils mettent en place portent bien souvent sur des terrains dont ils ne sont pas encore propriĂ©taires. Par sĂ©curitĂ©, la promesse ou le compromis de vente prĂ©voit donc une condition suspensive de permis de construire purgĂ© de recours. Ensuite, abstraction faite de la question de vente du terrain, les promoteurs financent rarement leurs projets sur fonds propres. Et les organismes prĂȘteurs ont tendance Ă geler leurs crĂ©dits lorsquâun recours est initiĂ©. Devant cette situation, lâordonnance Duflot a complĂ©tĂ© le Code de lâurbanisme voir son livre VI, articles et suivants. La mesure la plus commentĂ©e, lors de lâentrĂ©e en vigueur de lâordonnance, Ă©tait celle qui portait sur les recours dits abusifs. Malheureusement, le recul montre que lâarticle du Code de lâurbanisme nâa quâune portĂ©e extrĂȘmement limitĂ©e. Il ouvre le droit au titulaire du permis de construire de solliciter devant le juge administratif saisi dâun recours la condamnation de lâauteur de celui-ci Ă lui verser des dommages-et-intĂ©rĂȘts. Mais il faut pour cela Ă©tablir que le recours a Ă©tĂ© mis en Ćuvre dans des conditions qui excĂšdent la dĂ©fense des intĂ©rĂȘts lĂ©gitimes du requĂ©rant » et quâil cause un prĂ©judice excessif au bĂ©nĂ©ficiaire du permis ». Ces formulations sont dâune telle imprĂ©cision que, sauf dans des cas trĂšs marginaux, le juge administratif refuse dâappliquer le texte. Citons par exemple lâarrĂȘt rendu par la cour administrative dâappel de Marseille le 20 mars 2014 n° 13MA02161, jugeant abusif le recours introduit par une personne ayant fait lâacquisition dâun appartement quâelle nâoccupait pas, dans le seul but de se constituer artificiellement la qualitĂ© de voisin lui donnant intĂ©rĂȘt Ă agir. MalgrĂ© la mauvaise foi Ă©vidente du requĂ©rant, la cour administrative dâappel nâen a pas moins rejetĂ© la demande de dommages et intĂ©rĂȘts formulĂ©e par le bĂ©nĂ©ficiaire du permis de construire, dans la mesure oĂč il ne justifiait pas du caractĂšre excessif de son prĂ©judice. Un jugement rendu par le tribunal administratif de Lyon le 17 novembre 2015 n° 1303301 a bien fait quelques vagues en retenant le caractĂšre abusif dâun recours initiĂ© par des particuliers et en les condamnant Ă verser des dommages et intĂ©rĂȘts au titulaire du permis. Mais, a priori, il nâa pas vocation Ă se gĂ©nĂ©raliser. En effet, lâun des requĂ©rants Ă©tait un opposant au maire ayant accordĂ© lâautorisation dâurbanisme et le jugement retient que la requĂȘte a Ă©tĂ© prĂ©sentĂ©e dans un contexte de conflit politique et quâil a Ă©tĂ© fait une publicitĂ© autour de ce recours qui excĂšde largement son cadre ⊠». Est Ă©galement mise en avant lâattitude dilatoire des requĂ©rants, qui ont produit trĂšs tardivement une piĂšce propre Ă justifier de leur intĂ©rĂȘt Ă agir et nâont fait Ă©tat dâaucun moyen sĂ©rieux. Non seulement cette dĂ©cision a Ă©tĂ© rendue au regard de considĂ©rations factuelles trĂšs spĂ©cifiques, mais elle a Ă©tĂ© frappĂ©e dâappel Ă ma connaissance, lâarrĂȘt dâappel nâa toujours pas Ă©tĂ© rendu. Dâailleurs, les titulaires des permis de construire sont eux-mĂȘmes rĂ©ticents Ă lâutiliser et prĂ©fĂšrent souvent saisir les juridictions civiles de demandes indemnitaires pharaoniques, dans lâobjectif comprĂ©hensible, Ă dĂ©faut dâĂȘtre louable de faire pression sur les auteurs des recours. A ceci prĂšs que le juge civil a sensiblement la mĂȘme approche que le juge administratif. La meilleure illustration en est sans doute lâarrĂȘt rendu par la Cour de cassation le 5 juin 2012 n° 11-17919 qui confirme un arrĂȘt de la cour dâappel dâAix en Provence ayant condamnĂ© une sociĂ©tĂ© de promotion immobiliĂšre Ă verser prĂšs de ⏠de dommages et intĂ©rĂȘts Ă lâune de ses concurrentes, titulaire du permis de construire contestĂ©. Dans ce cas dâespĂšce, le promoteur condamnĂ© envisageait de rĂ©aliser Ă proximitĂ© de son concurrent un programme immobilier de nature Ă©quivalente Ă celui ayant fait lâobjet du permis de construire. LĂ encore, seules des circonstances trĂšs particuliĂšres justifient donc la condamnation au premier chef, la qualitĂ© de professionnel de lâimmobilier et un comportement dĂ©loyal. En rĂ©sumĂ©, lâarticle du Code de lâurbanisme nâa manifestement pas vocation Ă ĂȘtre appliquĂ© aux requĂ©rants les plus nombreux, câest-Ă -dire des particuliers se trouvant Ă proximitĂ© immĂ©diate du projet de construction, qui craignent une atteinte Ă leur cadre de vie et une dĂ©valorisation de leur patrimoine. Lâarticle du Code de lâurbanisme, lui aussi issu de lâordonnance Duflot du 18 juillet 2013, avait fait moins de bruit au dĂ©part mais promettait dâĂȘtre plus efficace, du moins jusquâĂ une pĂ©riode rĂ©cente. Il traite de lâintĂ©rĂȘt Ă agir de lâauteur du recours contre le permis de construire, qui nâest recevable Ă le faire que si les travaux sont de nature Ă affecter directement les conditions dâoccupation, dâutilisation ou de jouissance » de son bien. Certains tribunaux administratifs se sont servis allĂ©grement de ces nouvelles dispositions, apprĂ©ciant lâintĂ©rĂȘt Ă agir des requĂ©rants de façon particuliĂšrement stricte. Cependant, le Conseil dâĂtat est venu y mettre de lâordre, du moins en ce qui concerne les voisins immĂ©diats de la construction projetĂ©e. Ceux-ci justifient dĂ©sormais dâun intĂ©rĂȘt Ă agir sâils font Ă©tat dâĂ©lĂ©ments relatifs Ă la nature, Ă lâimportance ou Ă la localisation du projet cela rĂ©sulte dâun arrĂȘt rendu par la Haute juridiction le 14 avril 2016 sous le n° 389798, position confirmĂ©e par son arrĂȘt du 20 juin 2016, rendu sous le n° 486932. Finalement, lâoutil le plus efficace issu de lâordonnance Duflot est sans doute lâarticle du Code de lâurbanisme, qui permet aux magistrats de nâannuler que partiellement un permis de construire sâils constatent que le vice qui lâaffecte ne concerne quâune partie du projet et peut ĂȘtre rĂ©gularisĂ© par voie de permis modificatif. Dans ce cadre, les promoteurs qui savent quâun vice affecte le permis mais quâil est mineur ont tendance Ă dĂ©poser une demande de permis modificatif sans attendre la dĂ©cision du tribunal, ce qui leur permet de disposer dâune autorisation valide dĂšs que le juge administratif sâest prononcĂ©. Mais encore faut-il disposer du temps nĂ©cessaire il est trĂšs souvent dĂ©licat de prolonger la durĂ©e de validitĂ© du compromis de vente du terrain dâassiette du projet, une contestation de la dĂ©cision rendue est toujours possible la voie de lâappel est pour le moment interdite en matiĂšre de contestation de permis de construire dans les villes les plus importantes, mais pas un recours devant le Conseil dâĂtat et les promoteurs ont donc tendance Ă privilĂ©gier des projets sâavĂ©rant moins compliquĂ©s Ă mettre en Ćuvre. Dâautres outils sont propres Ă juguler les contestations contre les permis de construire. Dâune part, la notification du recours au titulaire du permis, imposĂ©e par lâarticle du Code de lâurbanisme, reste assez efficace, lâabsence de notification ou la notification irrĂ©guliĂšre tout comme lâabsence de justification dans les dĂ©lais, auprĂšs du greffe, dâune notification pourtant rĂ©guliĂšre rendant irrecevable la procĂ©dure dans sa globalitĂ©. Dâautre part je lâai briĂšvement Ă©voquĂ© plus haut, le dĂ©cret du 1er octobre 2013 interdit la voie de lâappel aux contentieux portant sur les autorisations de construire des logements ou sur les permis dâamĂ©nager des lotissements. Ce dispositif ne concerne que les communes soumises Ă la taxe sur les logements vacants. Il nâest par ailleurs applicable quâaux recours introduits entre le 1er dĂ©cembre 2013 et le 1er dĂ©cembre 2018. Sâil est contestable sur le plan des principes, il contribue trĂšs certainement Ă rĂ©duire le dĂ©lai de traitement des recours et pourrait bien ĂȘtre reconduit aprĂšs le 1er dĂ©cembre 2018, le lĂ©gislateur sâemployant en la matiĂšre Ă expĂ©rimenter avec plus ou moins dâadresse. Ce mĂȘme dĂ©cret du 1er octobre 2013 a instaurĂ© ce que lâon appelle la cristallisation des moyens, câest-Ă -dire la possibilitĂ© pour le juge de fixer une date au-delĂ de laquelle des moyens nouveaux ne pourront plus ĂȘtre invoquĂ©s. CâĂ©tait lâobjet de lâarticle du Code de lâurbanisme, qui nâouvrait cette possibilitĂ© que sur demande motivĂ©e de lâun des parties au procĂšs. Mais le dĂ©cret du 2 novembre 2016 vient de gĂ©nĂ©raliser la solution, les magistrats pouvant dĂ©sormais en user dâoffice voir le nouvel article du Code de justice administrative. Mentionnons enfin la naissance de contrats dâassurance contre les recours des tiers, destinĂ©s Ă permettre aux promoteurs de construire malgrĂ© tout. Cependant, dans lâimmĂ©diat, trĂšs peu de contrats semblent satisfaisants. MĂȘme si je possĂšde assez peu de renseignements sur ce point, leur souscription nĂ©cessite une Ă©tude prĂ©alable assez onĂ©reuse portant sur les chances dâaboutir du recours, exercice pĂ©rilleux sâil en est. Instaurer une procĂ©dure dâurgence au fond, similaire Ă celle dite Ă jour fixe » devant les juridictions civiles, sâavĂ©rerait indĂ©niablement porteur. Mais cela a dĂ©jĂ Ă©tĂ© envisagĂ© et lâencombrement actuel des juridictions administratives ne le permet sans doute pas. Tout laisse penser que dâautres essais seront faits pour tenter de rĂ©duire un contentieux que lâon disait moribond il y a quelques annĂ©es, mais dont ma pratique me laisse penser quâil est vouĂ© Ă perdurer voire Ă se dĂ©velopper, puisquâil constitue la seule arme efficace bien quâĂ certaines conditions offerte aux voisins dâun projet de construction pour dĂ©fendre leurs intĂ©rĂȘts en amont de celui-ci. Et si certains promoteurs semblent prĂȘts Ă acquĂ©rir toujours plus cher des parcelles toujours plus petites, câest pour ensuite exploiter de façon optimale leurs droits Ă construire⊠Ce qui impacte dâautant plus les voisins, qui ne perdent pas seulement une vue sur tel ou tel monument, de lâensoleillement, mais bien une partie de leur patrimoine, les biens dont ils sont propriĂ©taires se trouvant dĂ©valuĂ©s. Certes, cette dĂ©valuation est difficile Ă apprĂ©hender. Mais elle est bien rĂ©elle dans la plupart des cas. Par consĂ©quent, mĂȘme si la solution-miracle Ă©tait trouvĂ©e pour rĂ©duire les recours contre les permis de construire ou limiter leurs effets, un contentieux de la dĂ©valuation pourrait bien se dĂ©velopper devant les juridictions civiles. Sauf cas exceptionnels, elles sont pour le moment rĂ©ticentes Ă indemniser les voisins de la construction. Mais les prĂ©judices de ces derniers risquant de sâaggraver, et la proportionnalitĂ© semblant dans lâair du temps, qui sait ce quâil adviendra dans les prochaines annĂ©esâŠ
Les recours contre les permis de construire font lâobjet dâun abondant contentieux. La prĂ©sente note a pour objet dâexpliquer comment on peut contester un permis de construire. Article mis Ă jour par son auteur en fĂ©vrier 2022. Comment contester un permis de construire ? VoilĂ une question que beaucoup de personnes se posent et qui est intĂ©ressante dâexaminer. Le droit de propriĂ©tĂ© est un droit sacrĂ© et inviolable. Il nâa cependant jamais Ă©tĂ© illimitĂ©. DĂšs sa promulgation en 1804, le Code civil posait ainsi comme principe que la propriĂ©tĂ© est le droit de jouir et disposer des choses de la maniĂšre la plus absolue, pourvu quâon nâen fasse pas un usage prohibĂ© par les lois ou par les rĂšglements ». Le droit de construire, corollaire du droit de propriĂ©tĂ©, doit ainsi Ă©galement sâexercer dans le cadre des lois et rĂšglements. Câest lâobjet du droit de lâurbanisme, dâune part, et du droit de la construction, dâautre part. Le droit de la construction rĂ©glemente les modalitĂ©s techniques relatives Ă la construction des immeubles. Quant au droit de lâurbanisme, il a pour objet dâencadrer les modalitĂ©s dâamĂ©nagement des espaces et dâutilisation des sols ainsi que les aspects extĂ©rieurs des constructions. Le respect de ces rĂšgles est en principe sanctionnĂ© au travers un rĂ©gime dâautorisation. Câest pourquoi la plupart des constructions, amĂ©nagements ou travaux nĂ©cessitent, au prĂ©alable, une autorisation dâurbanisme le permis de construire. Ainsi, toute construction nouvelle, mĂȘme celle qui ne comporterait pas de fondations, doit en principe ĂȘtre prĂ©cĂ©dĂ©e de la dĂ©livrance dâun permis de construire [1]. Il en va de mĂȘme des travaux qui, du fait de leur importance, sont assimilĂ©s Ă des constructions nouvelles [2]. Le permis de construire a pour objet dâautoriser la construction dâimmeubles ou la rĂ©alisation des travaux dans la limite des plans et indications fournis par le pĂ©titionnaire [3]. Il nâest dĂ©livrĂ© que si le projet est conforme aux rĂšgles dâurbanisme [4]. LâautoritĂ© administrative dispose en principe dâun dĂ©lai de deux mois Ă compter de la rĂ©ception en mairie du dossier pour se prononcer sur la demande [5]. Une fois le permis de construire accordĂ©, toute personne qui dispose dâun intĂ©rĂȘt Ă agir peut en demander lâannulation. Les recours contre les permis de construire font lâobjet dâun abondant contentieux. Eu Ă©gard aux enjeux que reprĂ©sente ce contentieux, lâobjet de cette note sera de prĂ©senter les conditions de recevabilitĂ© du recours 1 et les moyens susceptibles dâentrainer lâannulation du permis de construire 2. Nous prĂ©senterons Ă©galement trĂšs briĂšvement les cas dans lesquels il est aussi possible de saisir le juge civil pour sâopposer Ă la construction 3. 1. Les conditions de recevabilitĂ© du recours Le contentieux des permis de construire relĂšve de la compĂ©tence des juridictions administratives. Les rĂšgles de procĂ©dure suivent donc celles applicables au contentieux administratif bien quâil existe certaines particularitĂ©s. Toute personne qui souhaite contester un permis de construire doit ainsi disposer dâun intĂ©rĂȘt Ă agir prĂ©senter sa requĂȘte au tribunal administratif selon un certain formalisme et dans un dĂ©lai limitĂ© LâintĂ©rĂȘt Ă agir Un requĂ©rant ne peut contester un permis de construire que sâil dispose dâun intĂ©rĂȘt lui donnant qualitĂ© pour agir. Câest ce quâon appelle lâintĂ©rĂȘt Ă agir. Il convient en lâespĂšce de distinguer trois catĂ©gories de requĂ©rant. LâintĂ©rĂȘt Ă agir de lâĂtat, des collectivitĂ©s territoriales ou de leurs groupements LâĂtat dispose en principe dâun intĂ©rĂȘt Ă agir contre tous les permis de construire. Ainsi, le prĂ©fet, qui est le reprĂ©sentant de lâĂtat dans les dĂ©partements et les rĂ©gions, peut dĂ©fĂ©rer au tribunal administratif tous les permis de construire quâil estimerait illĂ©gaux. Quant aux collectivitĂ©s territoriales ou leurs groupements, elles disposent en principe dâun intĂ©rĂȘt Ă agir contre les permis de construire susceptibles de porter atteinte Ă leur territoire. LâintĂ©rĂȘt Ă agir des associations Il faut au prĂ©alable prĂ©ciser quâune association nâest recevable Ă agir contre un permis de construire que si le dĂ©pĂŽt de ses statuts en prĂ©fecture est intervenu antĂ©rieurement Ă lâaffichage en mairie de la demande de permis de construire [6]. Sâagissant de leur intĂ©rĂȘt Ă agir, celui-ci sâapprĂ©cie en considĂ©ration de leur objet social et de leur champ dâaction gĂ©ographique. En premier lieu, lâobjet social de lâassociation doit ĂȘtre, dâune part, urbanistique [7] ou environnemental [8] et, dâautre part, ĂȘtre suffisamment prĂ©cis [9]. Ainsi, une association dont lâobjet est dâassurer la protection de lâhomme et de son environnement, dâencourager la participation du citoyen Ă la dĂ©finition et Ă la dĂ©fense de son cadre de vie ne justifie pas, eu Ă©gard Ă la gĂ©nĂ©ralitĂ© de son objet, dâun intĂ©rĂȘt lui donnant qualitĂ© pour demander lâannulation dâun permis de construire [10]. Ce critĂšre est cependant apprĂ©ciĂ© en fonction de lâimportance et de la localisation du projet contestĂ©. En ce sens, une association qui a pour objet la mise en Ćuvre de tous les moyens disponibles pour la sauvegarde et lâamĂ©lioration du cadre de vie dâun quartier dispose dâun intĂ©rĂȘt Ă agir contre un permis de construire portant sur trois maisons dâhabitation, dĂšs lors que le permis en cause Ă©tait susceptible Ă©tait de porter atteinte au cadre de vie des habitants du quartier [11]. En second lieu, le champ dâaction gĂ©ographique de lâassociation doit ĂȘtre prĂ©cis et limitĂ© sur le plan territorial [12] le plus souvent au cadre communal [13]. Ce critĂšre est cependant aussi apprĂ©ciĂ© en fonction de lâimportance et de la localisation du projet contestĂ©. Il a ainsi Ă©tĂ© admis quâune association dont le ressort est rĂ©gional puisse contester un permis de construire un ensemble immobilier, de grande ampleur et situĂ© Ă proximitĂ© dâune zone dâintĂ©rĂȘt Ă©cologique [14]. Toutefois, cette derniĂšre condition ne sâapplique pas aux associations agréées au titre de lâarticle L. 141-1 du code de lâenvironnement. En effet, toute association agréée de protection de lâenvironnement justifie dâun intĂ©rĂȘt pour agir contre tout permis de construire ayant un rapport direct avec son objet et son activitĂ© statutaire et produisant des effets dommageables pour lâenvironnement sur tout ou partie du territoire pour lequel elle bĂ©nĂ©ficie de lâagrĂ©ment [15]. LâintĂ©rĂȘt Ă agir des personnes privĂ©es Une personne privĂ©e autre quâune association, comme un particulier, une entreprise ou un syndicat de copropriĂ©taire, ne peut contester un permis de construire que si la construction, lâamĂ©nagement ou les travaux sont de nature Ă affecter directement les conditions dâoccupation, dâutilisation ou de jouissance du bien quâelle dĂ©tient ou occupe [16]. Il suit de lĂ que cette personne ne pourra contester un permis de construire que si elle justifie dâun intĂ©rĂȘt urbanistique, environnemental ou esthĂ©tique Cet intĂ©rĂȘt doit de plus ĂȘtre direct et certain Notons Ă©galement quâafin de lutter contre les recours malveillants, lâintĂ©rĂȘt pour agir du requĂ©rant contre un permis de construire sâapprĂ©cie en principe Ă la date dâaffichage en mairie de la demande du pĂ©titionnaire [17]. La location ou lâachat dâun bien Ă proximitĂ© du projet litigieux, une fois le permis dĂ©livrĂ©, ne confĂšre donc plus au locataire ou Ă lâacheteur un intĂ©rĂȘt Ă agir contre le permis en question. Un intĂ©rĂȘt urbanistique, environnemental ou esthĂ©tique Afin de disposer dâun intĂ©rĂȘt Ă agir, le requĂ©rant doit justifier que le permis de construire attaquĂ© est de nature Ă affecter directement les conditions dâoccupation, dâutilisation ou de jouissance du bien quâil dĂ©tient ou occupe [18]. Il doit ainsi prĂ©ciser en quoi le projet de construire est de nature Ă porter atteinte Ă son bien ou aux conditions dans lesquelles il occupe, utilise ou jouit de son bien [19]. Le simple fait dâhabiter Ă proximitĂ© dâun terrain sur lequel sera Ă©difiĂ©e une construction nâest donc pas suffisant, en soi, pour contester un permis de construire. Sans ĂȘtre exhaustif, on peut relever que constitue un intĂ©rĂȘt urbanistique, environnemental ou esthĂ©tique la perte dâensoleillement, la perte dâune vue terrestre ou maritime la perte de la valeur vĂ©nale de son bien, des risques de pollution sonore, visuelle, chimique, etc, des risques dâinondation, dâincendie ou dâaccident routier ou de chantier, etc. A contrario, il nâest pas possible de se prĂ©valoir dâun intĂ©rĂȘt commercial [20] ou professionnel [21]. Un commerçant ne saurait dĂšs lors contester un permis de construire au seul motif que lâarrivĂ© dâun concurrent risquerait de porter atteinte Ă ses intĂ©rĂȘts commerciaux [22]. Sa requĂȘte ne sera recevable que sâil Ă©tablit que la construction litigieuse est de nature Ă affecter les conditions dâexploitation de son activitĂ© ou, plus gĂ©nĂ©ralement, les conditions dâutilisation, de jouissance ou dâutilisation de son bien perte dâensoleillement, crĂ©ation de vis-Ă -vis, etc [23]. Un intĂ©rĂȘt direct et certain Lâatteinte invoquĂ©e par le requĂ©rant, pour justifier de son intĂ©rĂȘt Ă agir, doit ĂȘtre directe et certaine. Cette atteinte est fonction de la proximitĂ© critĂšre le plus important, de la nature et de lâimportance du projet objet du permis de construire, par rapport Ă la localisation du bien du requĂ©rant. A titre dâexemple La gĂȘne visuelle invoquĂ©e par un requĂ©rant, au soutien de son recours contre un projet de mosquĂ©e, nâa pas Ă©tĂ© retenue dĂšs lors que celui-ci habitait Ă plus de 600 mĂštres Ă vol dâoiseau du terrain dâassiette du projet et quâil Ă©tait sĂ©parĂ© de ce terrain par des espaces construits dâimmeubles et des voies de circulation importantes [24]. La gĂȘne visuelle invoquĂ©e par un requĂ©rant, Ă lâappui de son recours contre une simple maison individuelle, nâa pas nâa pas Ă©tĂ© retenue dĂšs lors que son habitation Ă©tait situĂ©e Ă plus de 350 mĂštres du projet de construction et quâelle en Ă©tait sĂ©parĂ©e par des prĂ©s entrecoupĂ©s de haies bocagĂšres et dâarbres de hautes tiges [25]. Lâatteinte invoquĂ©e est nĂ©anmoins apprĂ©ciĂ©e diffĂ©remment selon que le requĂ©rant Ă la qualitĂ© de de voisin immĂ©diat ou non au projet contestĂ©. Le requĂ©rant a la qualitĂ© de voisin immĂ©diat On considĂšre en gĂ©nĂ©ral quâun requĂ©rant est voisin immĂ©diat dâun projet lorsque son bien jouxte ou est situĂ© Ă moins de 25/50 mĂštres du terrain dâassiette du projet de construction. Cette notion dĂ©pend de la nature et lâimportance du projet plus le projet sera petit et plus la distance sĂ©parant le bien du requĂ©rant de celui du pĂ©titionnaire devra ĂȘtre faible et de la configuration des lieux plus le terrain dâassiette du projet sera situĂ© dans un environnement urbain dense et plus la distance sĂ©parant le bien du requĂ©rant de celui du pĂ©titionnaire devra ĂȘtre faible. Ce requĂ©rant, eu Ă©gard Ă sa situation particuliĂšre, justifie en principe dâun intĂ©rĂȘt Ă agir sâil fait Ă©tat dâĂ©lĂ©ments relatifs Ă la nature, Ă lâimportance ou Ă la localisation du projet de construction [26]. Celui-ci nâa en somme pas besoin dâexpliquer et/ou de justifier lâatteinte invoquĂ©e dĂšs lors que le dossier de permis de construire attaquĂ© permet de comprendre cette atteinte. Cela ne le dispense pour autant pas, sâil existe un doute sur lâatteinte invoquĂ©e ou pour Ă©viter toute contestation, de produire tout Ă©lĂ©ment de nature Ă Ă©tablir cette atteinte comme des photographies. Exemple dâatteintes reconnues au regard des seules piĂšces figurant dans le dossier de permis de construire En raison de la mitoyennetĂ© des propriĂ©tĂ©s et de la visibilitĂ© du projet de construction depuis le jardin du requĂ©rant la gĂȘne visuelle invoquĂ©e par ce requĂ©rant [27] ; En raison de la dĂ©clivitĂ© du terrain et de la situation de la propriĂ©tĂ© du requĂ©rant situĂ©e en contrebas du terrain dâassiette du projet de construction la gĂȘne visuelle et diffĂ©rentes nuisances sonores invoquĂ©es par ce requĂ©rant [28] ; En raison de la nature du projet de construction une unitĂ© de traitement mĂ©cano-biologique de dĂ©chets les inconvĂ©nients et les nuisances liĂ©s Ă lâaugmentation du trafic routier et la prĂ©sence de divers animaux nuisibles invoquĂ©s par un exploitant agricole dont les parcelles Ă©taient situĂ©es Ă proximitĂ© immĂ©diate de ce projet [29]. Le requĂ©rant nâa pas la qualitĂ© de voisin immĂ©diat Lorsque le requĂ©rant nâa pas la qualitĂ© de voisin immĂ©diat au projet, celui-ci ne peut se contenter de faire Ă©tat dâune atteinte. Il doit de surcroĂźt Ă©tablir, par des Ă©lĂ©ments suffisamment prĂ©cis et Ă©tayĂ©s, la rĂ©alitĂ© de cette atteinte [30]. A titre dâexemple, ne justifie pas dâun intĂ©rĂȘt lui donnant qualitĂ© pour demander lâannulation du permis de construire Un propriĂ©taire, dont les piĂšces produites, Ă lâappui de son recours contre un futur centre commercial situĂ© Ă 300 mĂštres de son habitation, nâĂ©tablissent ni les nuisances sonores invoquĂ©es ni la dĂ©prĂ©ciation de la valeur vĂ©nale de son habitation [31] ; Un exploitant agricole qui ne dĂ©montre pas en quoi le projet de construction attaquĂ©, situĂ© Ă plus de 150 mĂštres de son exploitation, est de nature Ă nuire Ă son activitĂ© comme il le prĂ©tendait [32]. A lâinverse, justifie dâun intĂ©rĂȘt lui donnant qualitĂ© pour demander lâannulation du permis de construire Un requĂ©rant propriĂ©taire dâun bien situĂ© Ă moins de 100 mĂštres dâun bĂątiment de 11 mĂštres de hauteur dĂšs lors quâil apparaĂźt, au regard des photographies produites, que ce projet sera visible depuis sa propriĂ©tĂ© et altĂ©ra la vue sur un parc dont il bĂ©nĂ©ficiait auparavant [33] ; Un requĂ©rant propriĂ©taire dâun bien situĂ© Ă 120 mĂštres du projet de construction dâune salle de rĂ©ception dĂšs lors que les nuisances sonores invoquĂ©es, Ă lâappui de son recours, sont confirmĂ©es notamment par des tĂ©moignages de voisins [34]. La procĂ©dure Ă respecter Le dĂ©lai de recours Le permis de construire accordĂ©, tacitement ou expressĂ©ment, doit faire lâobjet dâun affichage en mairie et sur le terrain dâassiette du projet [35]. Lâaffichage sur le terrain fait courir pour le requĂ©rant privĂ© association ou personne privĂ©e le dĂ©lai de recours contentieux. Ce requĂ©rant dispose en effet dâun dĂ©lai de deux mois, Ă compter du premier jour de lâaffichage de lâautorisation sur le terrain, pour contester la dĂ©livrance du permis de construire [36]. PassĂ© ce dĂ©lai, il est forclos. Cependant, pour ĂȘtre rĂ©gulier, lâaffichage doit ĂȘtre visible de lâextĂ©rieur. Il doit aussi, et obligatoirement, mentionner un certain nombre dâinformation comme la hauteur de la construction projetĂ©e [37] ou les modalitĂ©s de notification du recours contentieux [38]. Le non-respect de ce formalisme fait obstacle au dĂ©clenchement du dĂ©lai de recours contentieux [39]. PrĂ©cisons par ailleurs que le maire ou le prĂ©sident de lâEPCI accordant le permis de construire est tenu de notifier sa dĂ©cision au prĂ©fet. Ce dernier dispose dâun dĂ©lai de deux mois Ă compter de la rĂ©ception de la dĂ©cision pour agir [40]. Enfin, un permis de construire obtenu frauduleusement peut ĂȘtre retirĂ© Ă tout moment. Par principe, il nây a en effet pas de dĂ©lai pour demander Ă lâautoritĂ© administrative de procĂ©der Ă son retrait [41]. Les modalitĂ©s du recours Lâintroduction du recours Le recours contre le permis de construire doit se faire devant le tribunal administratif dans le ressort duquel Ă son siĂšge lâautoritĂ© administrative qui a pris la dĂ©cision contestĂ©e [42]. La saisine du tribunal se fait par une requĂȘte qui indique les noms et domiciles des parties. La requĂȘte doit contenir lâexposĂ© des faits et des moyens de droit, ainsi que lâĂ©noncĂ© des conclusions soumises au juge. Le requĂ©rant doit y joindre une copie de lâarrĂȘtĂ© de permis de construire attaquĂ© et toutes les piĂšces justificatives utiles Ă la rĂ©solution du litige [43]. Le tout doit ĂȘtre accompagnĂ© de copies, en nombre Ă©gal Ă celui des autres parties en cause [44]. Le requĂ©rant doit joindre Ă sa requĂȘte son titre de propriĂ©tĂ©, son bail ou sa promesse de vente. Et si le requĂ©rant est une association il devra produire ses statuts et le rĂ©cĂ©pissĂ© attestant de sa dĂ©claration en prĂ©fecture [45]. La notification du recours Le requĂ©rant est tenu, Ă peine dâirrecevabilitĂ©, de notifier son recours Ă lâauteur de la dĂ©cision et au titulaire de lâautorisation. La notification doit intervenir par lettre recommandĂ©e avec accusĂ© de rĂ©ception, dans un dĂ©lai de quinze jours francs Ă compter du dĂ©pĂŽt du dĂ©fĂ©rĂ© ou du recours [46]. Il faut Ă cet Ă©gard souligner que câest une copie du texte intĂ©gral du recours qui doit ĂȘtre notifiĂ©e, et non une simple lettre informant lâauteur de la dĂ©cision et sâil y a lieu, le titulaire de lâautorisation, de lâexistence dâun recours [47]. De mĂȘme, lâauteur dâun recours administratif, câest-Ă -dire dâun recours gracieux ou hiĂ©rarchique, est tenu de le notifier Ă peine dâirrecevabilitĂ© du recours contentieux quâil pourrait intenter ultĂ©rieurement en cas de rejet du recours administratif. 2. Les moyens invocables A lâappui de sa requĂȘte, le requĂ©rant pourra invoquer des moyens de lĂ©galitĂ© externe et interne contre lâarrĂȘtĂ© ayant accordĂ© le permis de construire. Attention cependant, les moyens susceptibles dâentrainer lâannulation dâun permis de construire ne sont pas les mĂȘmes que les atteintes invoquĂ©es par le requĂ©rant pour justifier de son intĂ©rĂȘt Ă agir. Seuls les moyens relatifs Ă la mĂ©connaissance du droit de lâurbanisme peuvent entrainer lâannulation dâun permis de construire. Les atteintes susceptibles de justifier dâun intĂ©rĂȘt Ă agir permettent au requĂ©rant dâaccĂ©der au prĂ©toire du juge. Les moyens relatifs Ă la mĂ©connaissance du droit de lâurbanisme permettent dâobtenir lâannulation du permis de construire. NB Le requĂ©rant lambda qui souhaite contester un permis de construire, doit se rendre Ă la mairie de la commune oĂč se situe le projet contestĂ© pour consulter le dossier du permis dĂ©livrĂ© et examiner sa lĂ©galitĂ©. Les moyens de lĂ©galitĂ© externe Les moyens de lĂ©galitĂ© externe portent sur lâincompĂ©tence de lâauteur de lâacte le vice de forme et le vice de procĂ©dure LâincompĂ©tence de lâauteur de lâacte LâincompĂ©tence de lâauteur de lâacte correspond Ă la situation dans laquelle une autoritĂ© administrative adopte un acte insusceptible de se rattacher Ă son pouvoir. Ce motif entache dâillĂ©galitĂ© lâacte adoptĂ©. En principe, lâautoritĂ© compĂ©tente pour dĂ©livrer le permis de construire est le maire de la commune [48]. Toutefois, si un maire est intĂ©ressĂ© au projet faisant lâobjet de la demande de permis de construire, soit en son nom personnel, soit comme mandataire, le conseil municipal de la commune ou lâorgane dĂ©libĂ©rant de lâEPCI doit dĂ©signer un autre de ses membres pour prendre la dĂ©cision [49]. Le vice de forme Il y a vice de forme lorsquâun acte administratif nâest pas adoptĂ© dans les formes requises. Sâagissant dâun arrĂȘtĂ© relatif Ă un permis de construire, celui-ci doit notamment comporter, outre la signature de son auteur, la mention, en caractĂšres lisibles, du prĂ©nom, du nom et de la qualitĂ© de celui-ci [50]. Le vice de procĂ©dure Il y a vice de procĂ©dure lorsquâun permis de construire nâest pas adoptĂ© selon la procĂ©dure prescrite. Ce vice peut soit rĂ©sulter du caractĂšre incomplet du dossier de permis de construire soit dâune irrĂ©gularitĂ© dans lâinstruction du dossier Le caractĂšre incomplet du dossier de permis de construire Tout dâabord, la demande de permis de construire doit comprendre un certain nombre dâĂ©lĂ©ments listĂ©s Ă lâarticle R. 431-5 du code de lâurbanisme. La demande doit ainsi prĂ©ciser lâidentitĂ© du ou des demandeurs, la localisation et la superficie du ou des terrains, la nature des travaux, etc. Ensuite, la demande de permis de construire doit comporter un plan permettant de connaĂźtre la situation du terrain Ă lâintĂ©rieur de la commune [51]. Enfin, la demande de permis doit comporter un projet architectural [52]. Ce dernier doit dĂ©finir, par des plans et documents Ă©crits, lâimplantation des bĂątiments, leur composition, leur organisation et lâexpression de leur volume ainsi que le choix des matĂ©riaux et des couleurs. Il doit de plus prĂ©ciser, par des documents graphiques ou photographiques, lâinsertion dans lâenvironnement et lâimpact visuel des bĂątiments ainsi que le traitement de leurs accĂšs et de leurs abords [53]. Le contenu du projet architectural est prĂ©cisĂ© aux articles R. 431-8 Ă R. 431-12 du code de lâurbanisme. Ces piĂšces reprĂ©sentent le contenu minimum dâun dossier de permis de construire. Des piĂšces supplĂ©mentaires doivent Ă©galement figurer dans le dossier lorsque le projet entre dans lâune des situations visĂ©es aux articles R. 431-13 Ă R. 431-33 du code de lâurbanisme. A titre dâexemple, lorsque la construction porte sur un Ă©tablissement recevant du public, la demande doit ĂȘtre accompagnĂ©e dâun dossier permettant de vĂ©rifier la conformitĂ© du projet avec les rĂšgles de sĂ©curitĂ© [54]. Toutefois, mĂȘme en cas dâirrĂ©gularitĂ©, si lâautoritĂ© compĂ©tente est en mesure, grĂące aux autres piĂšces produites, de compenser la carence dâun document incomplet, le dossier de permis de construire sera alors considĂ©rĂ© comme Ă©tant rĂ©gulier [55]. LâirrĂ©gularitĂ© dans lâinstruction du dossier de demande de permis de construire Les demandes de permis de construire doivent faire lâobjet dâune instruction dont lâobjet et le champ varient en fonction de la nature, de lâimportance, de lâimpact et de la localisation du projet. Lâinstruction des dossiers de permis de construction peut ainsi nĂ©cessiter, dans certains cas, de recueillir lâaccord ou lâavis des autoritĂ©s ou commissions compĂ©tentes [56] ou lâavis du public. Seules les irrĂ©gularitĂ©s les plus graves peuvent cependant entrainer lâannulation du permis de construire [57]. Lâavis du public Les projets de travaux qui, par leur nature, leurs dimensions ou leur localisation, sont susceptibles dâavoir des incidences notables sur lâenvironnement ou la santĂ© humaine nĂ©cessitent une consultation du public. Cela concerne notamment les installations classĂ©es pour la protection de lâenvironnement soumises au rĂ©gime de lâautorisation [58]. Le public doit ainsi pouvoir exprimer ses observations, propositions et contre-propositions sur le projet. Cette consultation est, selon lâimportance du projet, soit mise en Ćuvre dans le cadre dâune enquĂȘte publique [59] soit dans le cadre dâune consultation par voie Ă©lectronique procĂ©dure plus lĂ©gĂšre que lâenquĂȘte publique [60]. Lâaccord ou lâavis des autoritĂ©s ou commissions compĂ©tentes Lorsque la demande de permis de construire est soumise, en raison de son emplacement, de son utilisation ou de sa nature, Ă un rĂ©gime dâautorisation ou Ă des prescriptions prĂ©vus par une lĂ©gislation autre que le droit de lâurbanisme, le permis ne peut ĂȘtre dĂ©livrĂ© que si lâautoritĂ© compĂ©tente au titre de cette autre lĂ©gislation a donnĂ© son accord. Ainsi, lorsque le projet est situĂ© aux abords dâun monument historique, le permis de construire ne peut ĂȘtre dĂ©livrĂ© que si lâarchitecte des BĂątiments de France a donnĂ© son accord [61]. Autre exemple, lorsque le projet est situĂ© dans un site classĂ© ou en instance de classement, le permis de construire ne peut ĂȘtre dĂ©livrĂ© que si le ministre chargĂ© des sites, aprĂšs avis de la commission dĂ©partementale de la nature, des paysages et des sites, a donnĂ© son accord [62]. Les moyens de lĂ©galitĂ© interne Les moyens de lĂ©galitĂ© interne portent sur la lĂ©galitĂ© mĂȘme du permis de construire, et donc du projet de construction. Le permis de construire dĂ©livrĂ© doit ainsi ĂȘtre annulĂ© si le projet ne respecte pas les rĂšgles dâurbanisme [63]. A cet Ă©gard, il faut distinguer les communes qui sont couvertes par un plan local dâurbanisme PLU ou un document dâurbanisme en tenant lieu de celles qui ne le sont pas Il existe par ailleurs des dispositions spĂ©ciales applicables en prĂ©sence ou non dâun document local dâurbanisme Les communes non couvertes par un PLU ou un document dâurbanisme en tenant lieu En premier lieu, dans les communes non couvertes par un PLU ou un document dâurbanisme en tenant lieu, le permis de construire ne pourra ĂȘtre dĂ©livrĂ© que si le projet est situĂ© dans les parties actuellement urbanisĂ©es de la commune [64]. On considĂšre en gĂ©nĂ©ral que les parcelles situĂ©es Ă lâintĂ©rieur des zones agglomĂ©rĂ©es, des bourgs ou situĂ©es Ă proximitĂ© de ces derniers relĂšvent des parties actuellement urbanisĂ©es dâune commune. En second lieu, le permis de construire ne pourra ĂȘtre dĂ©livrĂ© que si la demande respecte les prescriptions figurant dans le rĂšglement national dâurbanisme [65]. Ce dernier rĂ©git notamment La localisation et la desserte des constructions, amĂ©nagements, installations et travaux [66]. Lâimplantation et le volume des constructions [67]. Lâaspect des constructions [68]. Les communes couvertes par un PLU ou un document dâurbanisme en tenant lieu Le PLU est un document dâurbanisme dont lâobjet est de prĂ©ciser les rĂšgles dâurbanisme applicables sur le territoire dâune commune [69]. Câest ce document qui prĂ©cise par exemple les zones dans lesquelles les constructions sont ou non autorisĂ©es. Il comprend un rapport de prĂ©sentation, un projet dâamĂ©nagement et de dĂ©veloppement durable, des orientations dâamĂ©nagement et de programmation, un rĂšglement et des annexes. Le rĂšglement est le document le plus important du PLU. Câest Ă partir de son contenu que seront notamment instruites les demandes de permis de construire. Le rĂšglement du PLU contient une partie graphique et une partie Ă©crite. La partie graphique du rĂšglement dĂ©limite, Ă lâintĂ©rieur de la commune ou de lâEPCI, les zones urbaines, les zones Ă urbaniser, les zones agricoles et les zones naturelles et forestiĂšres [70]. Lorsquâun terrain se trouve en zone urbaine, il est en principe constructible. Les terrains situĂ©s en zone Ă urbaniser ont vocation Ă devenir constructibles, mais pas dans lâimmĂ©diat. Cela ne sera le cas que lorsquâils seront desservis par les voies publiques, les rĂ©seaux dâeau, dâĂ©lectricitĂ© et, le cas Ă©chĂ©ant, dâassainissement [71]. Quant aux zones agricoles et naturelles, elles ne sont en principe pas constructibles sauf lorsquâil sâagit, par exemple, de construction et installation nĂ©cessaires Ă lâexploitation agricole [72]. La partie Ă©crite du rĂšglement fixe les prescriptions applicables Ă lâintĂ©rieur de chacune des quatre zones prĂ©citĂ©es [73]. Elle peut ainsi fixer des prescriptions relatives Aux interdictions et limitations de certains usages et affectations des sols, constructions et activitĂ©s ; Aux Ă©lĂ©ments de mixitĂ© fonctionnelle et sociale ; A la volumĂ©trie et lâimplantation des constructions ; A la qualitĂ© urbaine, architecturale, environnementale et paysagĂšre ; Au traitement environnemental et paysager des espaces non bĂątis et abords des constructions ; Au stationnement ; A la desserte par les voies publiques ou privĂ©es. De plus, les prescriptions dâordre public figurant dans le rĂšglement national dâurbanisme demeurent applicables [74] respect des rĂšgles de sĂ©curitĂ© et de salubritĂ© publiques [75] par exemple, de sorte que la demande de permis de construire doit Ă©galement les respecter. Par consĂ©quent, le permis de construire doit non seulement respecter les prescriptions figurant dans le rĂšglement du PLU mais aussi celles dâordre public contenues dans le rĂšglement national dâurbanisme. Ainsi, afin de savoir si un permis de construire est ou non conforme au PLU, il faut tout dâabord identifier la zone du PLU Ă lâintĂ©rieur de laquelle se situe le terrain dâassiette objet du permis de construire. Ensuite, il faut vĂ©rifier que les rĂšgles applicables dans cette zone et celles dâordre public du rĂšglement national dâurbanisme ont Ă©tĂ© respectĂ©es par le projet objet du permis de construire. Notons pour finir quâun permis de construire, mĂȘme conforme au PLU, peut ĂȘtre annulĂ© si le PLU, sur la base duquel il a Ă©tĂ© dĂ©livrĂ©, est illĂ©gal. Cela peut notamment ĂȘtre le cas si le PLU a Ă©tĂ© adoptĂ© dans des conditions irrĂ©guliĂšres ou sâil est incompatible avec les normes qui lui sont supĂ©rieures telles que le schĂ©ma de cohĂ©rence territoriale, le schĂ©ma directeur dâamĂ©nagement des eaux ou la loi Littoral. Les dispositions spĂ©ciales En plus des rĂšgles figurant dans le rĂšglement national dâurbanisme ou, le cas Ă©chĂ©ant, dans le PLU lui-mĂȘme, le permis de construire doit, selon sa localisation et son importance, respecter un certain nombre de dispositions La plus part de ces autres dispositions doivent cependant ĂȘtre annexĂ©es au PLU [76]. De sorte que le permis de construire peut ĂȘtre refusĂ© quand bien mĂȘme aucune prescription du PLU nây ferait obstacle. On relĂšvera ainsi que lorsque le territoire dâune commune est couvert par un plan de prĂ©vention des risques incendie, inondation, mouvement de terrain, etc [77], le permis de construire doit respecter les prescriptions figurant dans ce plan [78]. Autre exemple, lorsque le territoire dâune commune est soumis aux dispositions de la loi Littoral, le permis de construire doit respecter les dispositions de cette loi. Ainsi, mĂȘme lorsquâun terrain est classĂ© en zone constructible par le PLU dâune commune, celui-ci demeura inconstructible sâil est situĂ© en dehors dâune agglomĂ©ration ou dâun village existant, câest-Ă -dire dans une zone dâurbanisation diffuse [79]. 3. Lâinvocation du cahier des charges du lotissement Enfin, si lâannulation du permis de construire nâest pas envisageable ou a Ă©tĂ© rejetĂ©, parce que celui-ci serait conforme au droit de lâurbanisme, il est nĂ©anmoins possible de sâopposer Ă la rĂ©alisation des travaux si le terrain dâassiette du projet se trouve Ă lâintĂ©rieur dâun lotissement [80]. Pour ce faire, il importe de vĂ©rifier que les stipulations du cahier des charges applicable dans le lotissement ont bien Ă©tĂ© respectĂ©es. En cas de non-respect de ces stipulations, tout coloti pourra demander lâarrĂȘt des travaux en assignant le propriĂ©taire du terrain devant le tribunal de grande instance [81]. Pour finir, dans lâhypothĂšse oĂč il ne serait pas possible de sâopposer Ă lâexĂ©cution du permis de construire, la seule solution pour le requĂ©rant, qui subirait un prĂ©judice en raison de la construction en projet, consistera alors Ă demander une indemnisation au pĂ©titionnaire. 4. Les suites. Le dĂ©lai de jugement dâun recours contre un permis de construire dĂ©pend notamment de la complexitĂ© de lâaffaire et du tribunal concernĂ© selon quâil est surchargĂ© ou non. Mais en gĂ©nĂ©ral ce dĂ©lai est compris entre douze et vingt-quatre mois. En revanche, sâagissant des recours contre les permis de construire un bĂątiment comportant plus de deux logements ou contre les permis dâamĂ©nager un lotissement, le juge doit en principe statuer dans un dĂ©lai de dix mois [82]. Si les moyens invoquĂ©s contre lâarrĂȘtĂ© de permis de construire sont fondĂ©s le juge annulera le permis de construire. Dans le cas contraire, il rejettera le recours. PrĂ©cisons toutefois que le permis de construire ne fera lâobjet dâune annulation pure et simple que si lâillĂ©galitĂ© relevĂ©e nâest pas rĂ©gularisable. Câest le cas si le juge relĂšve que le terrain dâassiette du projet se situe dans une zone inconstructible. Dans le cas contraire, il devra soit surseoir Ă statuer soit prononcer une annulation partielle afin que le bĂ©nĂ©ficiaire du permis de construire essaye de rĂ©gulariser son autorisation [83]. En cas de jugement dĂ©favorable, il sera possible de faire appel dans un dĂ©lai de deux mois Ă compter de la notification du jugement. NĂ©anmoins, la possibilitĂ© dâinterjeter appel est actuellement suspendue pour notamment les recours contre les permis de construire un bĂątiment Ă usage principal dâhabitation sur le territoire des communes classĂ©es en zone tendue. Pour autant, les jugements peuvent toujours faire lâobjet dâun pourvoi en cassation devant le Conseil dâEtat [84]. Pour aller plus loin Dix rĂšgles Ă connaĂźtre avant de contester un permis de construire ; Permis de construire et loi littoral ; Permis de construire et zone inondable ; Permis de construire et risques naturels ; Les travaux portant sur des constructions existantes. Recommandez-vous cet article ? 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permis de construire purgé de tout recours